Lorsque qu'elle ouvrit la porte, Sachiko poussa un soupir d'exaspération. Des posters de Boys-Bands tapissaient les murs. C'était le signe distinctif des filles dont elle ne pouvait pas supporter le caractère. Sur les trois lits qui encombraient la pièce, un seul n'était pas défait. Elle posa sa valise dessus et s'approcha de la fenêtre.
Malgré l'air plutôt glacial de décembre, elle ouvrit les deux battants en verre, revint ensuite sur ses pas, ouvrit la valise, entassa tout son contenu sur le lit sans cérémonie, et, soulevant la plaquette dur qui servait de fond, finit par trouver ce qu'elle cherchait. Sur la toile, un flacon d'extasie maquillée en aspirine était posé à côté de deux paquets de cigarettes. Chiko en prit un, l'ouvrit, fouilla dans sa poche à la recherche d'un briquet, puis s'approcha à nouveau de la fenêtre et alluma le bout de papier roulé.
La nicotine qui lui détruisait les poumons lui procura une sentation de réconfort. Non pas de bonheur, elle avait oublier ce sentiment.
Il s'était envolé le même jour où elle avait commencer l'extasie, le jour où...
Mais peu importe, c'était une période de sa vie classée à présent, comme si elle n'avait jamais existée...
Sachiko plongea à nouveau la main dans sa poche et en ressortit un portable dernier cris, rouge métallisé, offert par papa et maman pour "t'aider dans ta reconvertion vers la vie civilisée".
Elle appuya sur la première touche et attendit sept sonneries avant que la personne daigne répondre. C'est d'une voix comateuse qu'Emilia repliqua.
Chiko : C'est moi.
Emilia : Je sais, ton nom s'affiche sur mon portable! Quesque tu veux.
Emilia et Sachiko n'était pas ce qu'on peut appeller "les meilleures amies du monde". Elles étaient juste deux connaissances qui se droguaient ensemble pour passer le temps. Mais depuis quelques jours, elle était devenue la seule personne à qui Chiko adressait encore la parole.
Chiko : C'est l'enfer ici! On s'croirait chez les bonnes soeurs! T'aurais vus le grand sourire que l'autre conne elle m'a fait en m'acueillant à l'entrée! Comme si elle avait pas lut mon dossier! En plus, mon père à voulut fouiller ma valise avant qu'je parte! Résultat, y me reste qu'un flacon d'extasie et deux paquet de cigarette!
Emilia : Ecoute Chiko, t'as peut-être dormis dix heures cette nuit, mais c'est pas le cas de tout le monde, alors laisse-moi commater en paix!
Emilia raccrocha. Chiko ne s'était pas attendue à ce qu'elle comprenne, sa réaction ne l'étonnait pas...
La cigarette s'étant consumée, elle retourna vers le lit où elle avait laisser le reste du paquet, dans le but d'en rallumer une deuxième. Mais à ce moment, la porte s'ouvrit. Une jeune fille blonde apparut, lui fit un grand sourire et s'avança en tendant la main.
??? : Salut, moi c'est Monday, mais tous mes amis m'appelle Day. Et toi, c'est quoi ton nom?
Sachiko dévisagea son interlocutrice sans aucune gène et, tout en restant silencieuse, lui lança un regard qui signifiait clairement qu'elle n'obtiendrait pas de réponse.
Monday retira sa main et l'enfouit au fond de sa poche. L'air quelque peu étonnée, elle s'approcha de son propre lit et retira de sa table de nuit une petite trousse à maquillage. Pendant qu'elle se repassait une couche de crayon, Chiko attendait qu'elle parte en rangeant nerveusement ses affaires dans la garde-robe encastrée dans le mur. Lorsqu'elle prit le flacon de pseudo aspirine ainsi que les deux paquet de cigarettes pour les mettre dans sa table de nuit, Monday se remit à parler.
Monday : Toi aussi tu prends de l'aspirine? T'as mal à la tête? Ma mère arette pas de se pleindre de migraines. Si tu veux savoir, j'suis bien contente d'être ici, au moins, j'ai plus à la supporter. Tu viens d'où?
Chiko (gromelant) : Utah...
Monday : Oh, j'ai un oncle qui vit dans l'Utah, il dit que c'est le plus bel endroit du monde!
Chiko : T'arette jamais de parler!
Monday : Si, quand je dors. Et encore y parait que je parle en dormant, c'était Tuk qui disait ça, mais si y faut croire tout ce que Tuk dit maintenant...
Chiko : Tuk?
Monday : La fille qui occupait ton lit, son nom de famille c'était Tuker, mais tout le monde l'appellait Tuk. Oh, j'avais pas vus l'heure, on va bientôt manger, tu viens?
Chiko (sarcastique) : Pars devant, j'te suis. Juste le temps de me remaquiller.
Monday sortit. Sachiko poussa un soupir et ouvrit le tiroir de sa table de nuit. Elle tendit la main vers le paquet de cigarette à peine entamée, mais se ravisa et s'empara du flacon d'extasie.
Elle en avala un cachet, se coucha sur le lit, et attendit d'être transportée vers ce paradi artificielle dans lequel elle se rendait depuis quelques jours, depuis que...
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